Mardi 10 Mars

MESURE INCONDITIONNELLE DU PARDON

03.10

Dans le chapitre 18, Matthieu cite plusieurs paraboles :
qui est le plus grand dans le royaume des cieux, soyez comme un enfant, pardonnez.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (18, 21-35)

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »
Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).


Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.”


Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”


Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Ici Jésus nous invite à pardonner sans compter. La valeur de la dette est une chose, l’accueil de celui qui doit en est une autre. La patience nécessaire pour être remboursé est mise en parallèle avec l’importance de la somme. Il en est de même pour la fureur du maître : vendre femme et enfants ou mettre en prison sont deux peines extrêmes.

« Prends patience envers moi » : c’est le cri poussé vers le maître qui pourrait se montrer bienveillant face à plus faible que lui. Avoir pitié, c’est se montrer miséricordieux comme le Père du ciel. Pardonner de tout son cœur à celui qui a offensé.

Savons-nous donner gratuitement ? Est-ce notre cœur ou notre égoïsme qui parle ? 

Pensons-nous vraiment à ce que nous récitons chaque jour, « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ? » ?

Seigneur apprends-moi à pardonner, à accueillir mon frère avec un cœur bienveillant, plein de bonté. J’ai beaucoup reçu de Toi, je dois aussi beaucoup donner.

« Il suffirait d’un seul homme digne de ce nom pour que l’on pût croire en l’homme, en l’humanité […] la haine farouche que nous avons des Allemands verse un poison dans nos cœurs […] n’y aurait-il qu’un seul Allemand respectable, qu’il serait digne d’être défendu contre la horde des barbares, et que son existence vous enlèverait le droit de déverser votre haine sur un peuple entier. » Etty Hillesum, un itinéraire spirituel, Paul Lebeau, Albin Michel, 2001

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